En cette période de "malaise des banlieues", cet ouvrage constitue une première et vient bouleverser l'éventail des stéréotypes attachés trop souvent aux villes de la périphérie parisienne. Loin des images de grisaille quotidienne, de paysages sacrifiés ou sans gloire, nous découvrons un territoire urbain passionnant, lieu de vie, de travail, de cultures, de convivialités diverses, d'échanges et de citoyenneté, mais aussi un formidable champ expérimental devenant le laboratoire de la société de demain.
Vingt carnettistes, voyageurs aguerris aux destinations lointaines, ont eu envie d'aller défricher cet ailleurs si proche. Du métro Pont de Neuilly en passant par les rues bigarrées d'Ivry et de Saint-Denis, poursuivant le long des voies ferrées de Charenton ou longeant le canal de l'Ourcq, s'attardant aux puces de Montreuil et au château de Vincennes, se sont au total 22 communes de "la petite ceinture" qui sont tour à tour explorées, présentation et historique à l'appui.
A travers plus de 230 illustrations - collages, dessins, aquarelles ou techniques mixtes -, le plus souvent annotées, Banlieue nomade nous donne à voir sous un autre jour ce tissu urbain hétérogène, aussi méconnu que poétique.


Les carnettistes, auteurs de Banlieue nomade :
Cécile Alma Filliette, Marie-Sophie André, Patrick Colcomb, Pascale Desmazières, France Dumas, Claire Dupoizat, Amélie Gagnot, Christelle Guénot, Simon Hureau, Sarah Letouzey. Geneviève Marot, Antonia Neyrins, Gaétan Nocq, Marie Rabozzi, Guillaume Reynard, Patricia Ruelle dite Toune, François Saint-Rémy, Simon, André Theubet et Anne-Claire Thévenot.

Les 22 villes de Banlieue nomade :
Saint-Ouen, Saint-Denis, Aubervilliers, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Bagnolet, Montreuil, Vincennes, Saint-Mandé, Charenton, Ivry-sur-Seine, Le Kremlin-Bicêtre, Gentilly, Montrouge, Malakoff, Vanves, Issy-les-Moulineaux, Boulogne-Billancourt, Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret et Clichy.

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« Le charme de la banlieue, c’est son côté bâtard »
Une vingtaine de dessinateurs de l’association les Carnettistes Tribulants vient de signer un livre, « Banlieue nomade », carnet de voyage en petite couronne.

Simon, dessinateur et écrivain, qui a porté le projet, commente cette curieuse aventure.

Pourquoi des carnets de voyage sur la Banlieue ?
- C’est mon pays depuis toujours, la banlieue est et sud, de Vincennes à Cachan. Et personne ne lui a consacré de carnet de voyage, personne ne dessine la banlieue. Elle est un continent englouti sous les préjugés. J’ai voulu montrer que c’est un territoire ouvert à la poésie, à la surprise.
Comment définiriez-vous le charme particulier de la banlieue ?
- Quand on la traverse en RER, elle donne l’impression de somnoler. Quand on s’y arrête, on est surpris par le côté vivant, bigarré. Ce qui m’intéresse en banlieue, c’est son côté bâtard. Elle est le fruit des amours compliqués du maraîchage, de l’âge industriel, des grands ensembles et du pavillonnaire, avec une architecture de laveurs de carreaux et de meulière, une vraie mixité sociale et ethnique. Pour en trouver l’équivalence au niveau graphique, il faut utiliser des techniques mixtes.
Quelle attitude avoir pour la découvrir ?
- Graphiquement c’est très excitant de se promener en banlieue. Mais il faut quitter sa voiture, flâner, suivre une femme qui tire son cabas ou un homme qui descend du train…
Y-a-til des scènes caractéristiques de la banlieue ?
- Le passage du RER, les petites rues sans gloire, les jardins à batifoler, à bronzer ou à planter, véritables territoires exotiques où la liberté individuelle s’exerce avec une extraordinaire invention.
Avant de dessiner la banlieue, les Carnettistes ont-ils dessiné Paris ?
- Je l’ai dessinée enfant mais il est difficile de l’aborder en sortant des stéréotypes de sa très grande beauté. A force de surexposition, certains sujets sont épuisés.

D’après Seine Saint Denis Magazine, 2015

Banlieue nomade : carnets de voyage autour de Paris sur France-Culture

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